La pénurie de carburant persiste dans la capitale malienne malgré des dénonciations de gérants et pompistes qui spéculaient sur le carburant frauduleusement soustrait des stations dans des bidons revendu à prix d’or.
Les bidons ont finalement été interdits, sauf autorisation de la direction du Commerce ; de la Consommation et de la Concurrence. Aujourd’hui, place à une autre astuce : « faire le plein, aller vider et vendre le carburant ».
« Beaucoup de conducteurs de mototaxis et de motos tricycles ont un nouveau business maintenant. Certains d’entre eux ne vont plus dans les courses et transports. C’est simple, ils font le rang dans les stations, font le plein de 10 à 15 litres. Après ils vident les réservoirs et vendent le contenu », a confié un conducteur de mototaxi.
Les tricycles sont classées parmi les moyens de transport privilégiées dans les files d’attente. D’aucuns conducteurs profitent de cette bonne foi des autorités et en font leur commerce. Certaines confidences affirment : « J’ai des amis qui conduisent des tricycles. Je leur donne un peu d’argent. Ils partent faire le plein et reviennent me vendre ça ». Le prix entre 1000 F CFA, 2000 F CFA ou plus le litre. Sur une vente de 10 litres, d’aucuns peuvent faire un gain de 10 000 F CFA.
Les garagistes et autres propriétaires de véhicules ne sont pas en reste. Des véhicules en réparation sont poussés à la station, juste pour avoir un moyen et un lieu de stockage. Ils font le rang pour le plein et juste après le plein, le vident et ramènent le véhicule au rang. C’est reparti.
La principale cause de ce fléau, « des jeunes désœuvrés, le manque d’opportunité et d’occupation », cite quelqu’un. Pour lui tant que cela va rapporter aux jeunes, les files continueront à être longues.
« Il faut arrêter le plein et fixer des quantités pour les véhicules personnels et motos », a-t-il conseillé en proposant cinq litres pour les voitures personnelles et deux litres pour les motos.
Koureichy Cissé
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