Un taux de recouvrement de 98,23 % en 2025 et une reconnaissance envers les anciens directeurs – BurkinaInfo – Toute l’information du Burkina Faso en temps réel
Cette journée a servi de cadre à la présentation du bilan des activités de l’administration douanière au titre de l’année écoulée. À cette occasion, le directeur général des douanes, Yves Kafando, a mis en lumière les efforts consentis par l’institution pour répondre aux multiples défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.
Dans son discours, Yves Kafando, a tenu à saluer la “pyramide générationnelle” des douaniers qui, année après année, ont contribué à bâtir et à consolider l’institution. Le thème retenu pour cette édition 2026, choisi par l’Organisation mondiale des douanes, s’inscrit pleinement dans le mandat de l’administration douanière burkinabè. Il renvoie à ses missions fondamentales à savoir la protection des frontières, la mobilisation des recettes pour le budget national, la sécurisation des échanges et la défense de la société contre les trafics illicites, tout en facilitant des échanges commerciaux et des déplacements transfrontaliers sûrs et efficaces.
Une performance satisfaisante
Selon le directeur général, l’année 2025 a été marquée par une présence accrue des douaniers sur le terrain, le renforcement de partenariats stratégiques et la poursuite d’investissements durables, conformément au Plan stratégique 2022-2026 de la Direction générale des douanes. Les agents, déployés sur toute l’étendue du territoire national, ont contribué à contrer les menaces, à démanteler des réseaux criminels et à préserver l’intégrité des frontières, tout en soutenant l’économie nationale. Ces efforts se sont traduits par des résultats financiers significatifs. Pour l’année 2025, l’administration douanière a enregistré un taux de recouvrement de 98,23 %, correspondant à 1 231 milliards de francs CFA mobilisés, pour une prévision initiale de 1 253 milliards de francs CFA. Une performance que le directeur général a qualifiée d’illustration de l’amélioration constante des rendements de l’institution, en cohérence avec les orientations de la hiérarchie.
“l’objectif de 1.367 milliards de FCFA qui nous a été assigné pour l’exercice 2026”, a rappelé Yves Kafando
Dans la projection de cette dynamique de continuité et d’efficacité, les autorités douanières visent, pour l’exercice 2026, une performance financière de 1 367 milliards de francs CFA. Un objectif ambitieux, mais jugé réaliste au regard des acquis engrangés, de la coordination renforcée entre les services et de la modernisation progressive des procédures. “Douaniers de tous les échelons, soyez fiers de votre corporation et des résultats engrangés”, a lancé Yves Kafando, invitant les agents à mesurer leur rôle dans la défense des intérêts stratégiques de la nation.
Les performances financières ne constituent toutefois qu’un volet de l’action douanière. Le directeur général a rappelé les avancées structurelles enregistrées ces dernières années, notamment la généralisation de la digitalisation des actes douaniers à travers le système SYDONIA, renforcé par la plateforme e-Douanes, l’approfondissement de la coopération avec les douanes des États de l’Alliance du Sahel (AES) et du Togo, ainsi que l’intensification de la lutte contre la fraude et les trafics illicites. À cela s’ajoute une collaboration accrue avec les médias, visant à améliorer la compréhension du travail douanier par le grand public.

C’est dans les années 1995-2000 que Gilbert Zoungrana, a pensé au siège actuel de la Direction générale des douanes
Un hommage aux devanciers
Au-delà des statistiques, la Journée internationale de la douane 2026 a été marquée par des moments de forte portée symbolique. L’administration a tenu à joindre la performance professionnelle au devoir de mémoire et à la reconnaissance du mérite. Des agents exemplaires ont été distingués, tandis que ceux admis à faire valoir leurs droits à la retraite ont été honorés pour leur contribution à la vie de l’institution.
L’un des temps forts de la cérémonie a été le baptême de la grande salle de conférence de la Direction générale des douanes, désormais dénommée « Salle de conférence Gilbert Zoungrana ». Cet hommage consacre le rôle déterminant de l’ancien directeur général qui a porté la vision de doter les douanes burkinabè d’un siège moderne et emblématique. Revenant sur la genèse de l’édifice, Yves Kafando a rappelé les défis financiers, administratifs et institutionnels qui ont jalonné sa réalisation, soulignant la rigueur, la loyauté et le sens de l’intérêt général de celui qui en a été l’initiateur.

La salle de conférence se nomme désormais “Salle Gilbert Zoungrana”, celle à l’arrière de la direction “Salle des Héros”
Dans le même esprit, le directeur général a tenu à saluer la contribution d’un autre ancien patron des douanes, Antoine Zoungrana, qui a poursuivi et consolidé le chantier jusqu’à sa matérialisation. Son sens de la continuité de l’État et son engagement ont permis à l’administration douanière de se doter d’une infrastructure qui constitue aujourd’hui l’une de ses fiertés durables. Un autre baptême en son honneur est annoncé pour une prochaine occasion. La dimension mémorielle de la cérémonie s’est également exprimée à travers le baptême d’une seconde salle, désormais appelée « Salle des Héros », dédiée aux agents tombés dans l’accomplissement de leur devoir. Un geste fort, qui inscrit le sacrifice de ces femmes et hommes au cœur de la mémoire collective de l’institution.
La célébration s’est déroulée en présence de Mamadou Séré, conseiller technique, représentant le ministre de l’économie et des finances. “J’encourage l’ensemble des agents des douanes à poursuivre avec détermination sur la voie de l’excellence, de la rigueur et de l’intégrité, car une douane forte, moderne et patriote est une condition indispensable à un État fort, souverain et respecté”, indique le discours du ministre de l’économie. Dans un contexte national marqué par de multiples défis, il a souligné l’importance stratégique des douanes dans la mobilisation des ressources de l’État, la protection de l’économie nationale et la consolidation de la souveraineté.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
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