La tension monte dans le secteur industriel camerounais. Selon plusieurs sources concordantes, Prometal accumule des arriérés d’électricité estimés à 6,5 milliards de FCFA envers Eneo. Malgré des démarches répétées, l’énergéticien peine à obtenir le paiement. L’affaire, désormais remontée à la Primature, inquiète concurrents et régulateurs, sur fond de soupçons de traitement préférentiel. Jusqu’où ira ce bras de fer énergétique ?
Un bras de fer énergétique aux enjeux nationaux
D’après des informations relayées par Africa Intelligence, la dette initiale de Prometal envers Eneo aurait continué d’augmenter mois après mois. Pour contourner les pressions, l’industriel se serait raccordé directement à Sonatrel, pourtant chargée uniquement du transport de l’électricité produite majoritairement par Eneo et d’autres producteurs indépendants.
Face à l’impasse, le directeur général d’Eneo a officiellement saisi la Sonatrel en octobre 2025 et alerté le gouvernement sur le « caractère anormal » de la situation. Parmi les options évoquées figure la réduction ou l’exclusion des volumes consommés par Prometal du bilan énergétique transmis au transporteur.
Le dossier a également fait réagir l’ACIMESI, qui a adressé un courrier au président de la République. L’association dénonce une distorsion tarifaire : alors que Prometal bénéficierait d’un tarif préférentiel autour de 22 FCFA/kWh, le coût de référence de l’énergie, notamment issue de Nachtigal, est estimé à 42 FCFA/kWh. Une situation qui, selon l’Acimesi, menace près de 10 000 emplois directs et indirects du secteur.
Dans les milieux d’affaires, des soupçons de favoritisme sont évoqués, tandis que Prometal réfute toute accusation et parle de simples « points de vue », rappelant que la concurrence stimule l’innovation.
Entre dette contestée, tarifs préférentiels et interpellations institutionnelles, le dossier Prometal–Eneo met en lumière les fragilités du secteur énergétique.
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