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Yé Camille Yaké clame son innocence – BurkinaInfo – Toute l’information du Burkina Faso en temps réel


Le jugement de l’affaire Yé Yaké Camille et autres, impliquant Yaké Camille Yé, ancien Directeur de Gestion des Finances (DGF) au ministère de l’Action humanitaire, et d’autres personnes dont l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien, a débuté ce lundi 23 février 2026 au Tribunal de grande instance (TGI) de Ouaga I.

Lors de cette audience, à la barre, Yé Yaké Camille a plaidé non coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Ces accusations portent sur un marché irrégulier de pagnes pour le 8 Mars, 5 chèques d’une valeur de 40 millions pour soudoyer les enquêteurs de l’ASCE-LC, évoqués par Amidou Tiégnan dans ses témoignages et 2 chèques d’une valeur totale de 12 350 000 FCFA pour une activité non tenue dans les règles.

Concernant ces deux chèques, respectivement de 8 100 000 FCFA et 2 250 000 FCFA, le procureur a indiqué qu’ils ont été encaissés par Bonkoungou Lydie, accusée de complicité de détournement de deniers publics avec Yé Yaké Camille et agente au service de programmation budgétaire au ministère en charge de l’Action humanitaire au moment des faits.

Cette somme devait servir à la prise en charge des membres du groupe de travail d’élaboration du rapport annuel de performances 2023 du ministère, une activité qui a duré environ 30 jours à Ouagadougou.

Il ressort qu’un premier projet de termes de référence (TDR) prévoyant une délocalisation de l’activité hors Ouagadougou a été rejeté par le ministère pour contraintes budgétaires, le coût avoisinant les 10 millions FCFA.

Le procureur a révélé que, malgré ce rejet, Yé Yaké Camille a maintenu l’activité à Ouagadougou au même coût. Le parquet a aussi révélé que devant le juge d’instruction, Yé Yaké Camille a indiqué que ni le ministre ni son secrétaire général n’étaient au courant. Il n’y a pas eu d’arrêté ministériel ordonnant cette activité. « Le ministère n’a pas été informé. Par rapport à cette activité, il n’y a pas eu de TDR. Par rapport à cette activité, il n’y a pas eu de liste de présence, par rapport à cette activité, il n’y a pas eu de trace », a déclaré le procureur.

L’accusé a expliqué avoir anticipé en tenant cette activité, dans l’idée de régulariser ensuite en joignant les TDR au projet d’arrêté. Il n’a pas pu le faire avant d’être relevé de ses fonctions. Comme preuves, il a cité le rapport annuel de performance du ministère effectivement produit, et la liste des participants ayant signé et touché des indemnités.

Selon le procureur, Amidou Tiégnan, gestionnaire du compte Renforcement Prosoc, d’où l’argent a été retiré, a témoigné qu’il n’y a jamais eu d’activité et que les fonds en question ont été distribués aux agents du ministère. Le procureur a ajouté que Salifou Ouédraogo, qui n’est pas agent au ministère, a été sollicité pour trouver des pièces justificatives. « Salifou Ouédraogo a été appelé à la rescousse pour trouver des pièces justificatives. Et effectivement, lorsque nous avons perquisitionné le bureau de Ouédraogo Salif, nous avons trouvé les copies des deux chèques », a indiqué le procureur, confirmant que Ouédraogo Salifou n’est pas agent du ministère.

À la question du procureur sur la normalité de trouver ces copies chez une personne extérieure au ministère, l’accusé a accablé Amidou Tiégnan. « Les copies des chèques sont archivées au niveau du gestionnaire de compte, qui est Tiégnan. Donc je ne sais pas par quelle acrobatie il y a eu échange entre eux », a-t-il laissé entendre.

Yé Yaké Camille décline son patrimoine

Avant que le tribunal ne suspende l’audience du jour, Yé Yaké Camille s’est prononcé sur les accusations d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Sur les faits d’enrichissement illicite liés aux deux chèques de 12 350 000 FCFA, il a rappelé avoir produit les pièces prouvant qu’ils n’ont pas servi à son usage personnel. « On a produit l’état d’émargement des différents acteurs qui ont bénéficié. Donc je ne me suis pas enrichi personnellement sur les montants des chèques de 8 100 000 et 2 250 000 », a-t-il déclaré.

Quant à l’accusation de blanchiment de capitaux, Yé Yaké Camille a expliqué que durant la période de gestion 2023-2024, ses biens ont été acquis exclusivement via des prêts bancaires, revenus locatifs et consultations. « Je prends l’exemple en 2023 où j’ai construit une maison au village, à Bagassi, la villa, et j’ai emprunté 3 prêts d’un montant de 53,6 millions. Il y a les tableaux d’amortissement des prêts que j’ai joints à ma déclaration de patrimoine, contractés en juin 2023. J’ai fini les travaux en décembre 2023 et la maison est louée à 600 000 FCFA par mois depuis janvier 2024. Le second aspect, c’est un magasin construit sur la base des revenus locatifs et de prêts. Puisque j’ai hypothéqué 4 biens immobiliers en 2024, j’ai obtenu 31 millions pour réaliser le magasin. On me reproche aussi un bien immobilier à Boromo, location hôtelière, avec un chiffre d’affaires de 300 millions entre 2020 et 2024. La preuve : cahier des recettes et étiquetage. Il y a également les bénéfices des revenus locatifs. Le troisième aspect finance la construction à Ouaga : un terrain acquis en 2014 et un véhicule 4Runner acheté en 2019 à l’ENAREF, via la vente d’un bien immobilier et mes consultations. Au passage, je rappelle que j’interviens dans le module de comptabilité des matières et de la bonne gouvernance des biens publics à l’INSP depuis 2018 (étudiants de masse et logistique de santé), à l’ENAREF et à l’ENAM. J’ai annexé à ma déclaration de patrimoine l’ensemble de mes contrats de consultation, publics ou privés, avec références, montants et structures. Cela pourra éclairer et lever le bénéfice du doute », a-t-il déclaré.

Josué TIENDREBEOGO 

Faso7

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