Le président du MRC a lâché une déclaration explosive lors d’une récente conférence de presse. Maurice Kamto a officiellement assumé le retrait de son parti de l’espace médiatique camerounais — et pointé directement les journalistes comme responsables. Une sortie qui provoque l’indignation dans les rédactions et relance le débat sur les relations entre l’opposition et la presse au Cameroun.
Ce que Kamto a dit — et ce que ça signifie
Les mots sont clairs, sans détour :
« Quand nous avons décidé en tant que parti politique de nous mettre en retrait des médias, c’était à cause du comportement des médias. Parce qu’un certain nombre se sont constitués en adversaires déclarés et assumés du MRC et de son président national. »
En une phrase, le leader du MRC vient de qualifier une partie de la presse camerounaise d’ennemie politique. Pas de presse critique — ce qui est son rôle — mais d’adversaire déclaré, au même titre qu’un parti concurrent.
Depuis plusieurs mois, le MRC avait réduit drastiquement sa présence dans les médias traditionnels — télévisions, radios, journaux — au profit des réseaux sociaux et de ses propres canaux de communication. Beaucoup s’interrogeaient. Kamto vient de donner lui-même l’explication.
Une posture qui inquiète les professionnels des médias
Du côté des journalistes camerounais, la réaction est vive. Plusieurs professionnels rappellent que leur mission n’est pas de soutenir un camp politique, mais d’informer — en posant des questions à tous, y compris à l’opposition.
Le problème est double. D’un côté, il est vrai qu’au Cameroun, certains médias entretiennent des liens étroits avec le pouvoir en place. La CRTV est régulièrement accusée de traitement favorable au RDPC. Ce contexte nourrit la méfiance de l’opposition depuis des années.
Mais de l’autre côté, confondre critique journalistique et adversité politique est un glissement dangereux. Un opposant qui attaque la presse adopte exactement la rhétorique du régime qu’il dit vouloir combattre.
Pour le MRC, le coût stratégique est réel. En se coupant des médias mainstream, le parti prive ses 3 millions de sympathisants estimés d’une visibilité nationale essentielle — surtout à l’approche des prochaines échéances électorales.
La déclaration de Maurice Kamto ne passera pas inaperçue. Elle rouvre un débat fondamental : peut-on construire une alternance démocratique au Cameroun tout en tournant le dos à la presse libre ? La réponse, dans les prochaines semaines, viendra peut-être des actes du MRC — plus que de ses mots.
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