Top Header Ad

Owona contredit par ses propres archives

Un ancien cadre du RDPC interpelle publiquement le ministre Grégoire Owona. Dans une lettre ouverte datée du 14 avril 2026, le Dr Happy Nicolas, ancien chargé de mission du RDPC, réfute point par point les déclarations récentes du secrétaire général du parti au pouvoir, qui affirme que le Pr Maurice Kamto aurait été militant du RDPC. Archives à l’appui, la mise au point est cinglante.

Ce que disent les archives

Le Dr Happy Nicolas s’appuie sur un article de Jeune Afrique paru en 2013. Dans ce texte, Grégoire Owona lui-même déclarait avoir « tout fait pour amener Kamto à militer pour le RDPC ». Une phrase qui, selon l’auteur de la lettre, constitue un aveu en bonne et due forme.

« On ne cherche pas à amener quelqu’un dans un parti dont il serait déjà membre », souligne-t-il. Le même article précisait explicitement que Maurice Kamto « n’avait jamais pris sa carte au RDPC » et que sa nomination au gouvernement en 2004 ne devait rien à une appartenance partisane, mais à ses performances d’avocat devant la Cour internationale de justice dans l’affaire Bakassi opposant le Cameroun au Nigeria.

La chronologie établie par le Dr Happy Nicolas est sans ambiguïté :

  • 2004 : Kamto entre au gouvernement pour sa compétence juridique, pas pour un engagement au RDPC
  • 2013 : Owona reconnaît publiquement avoir tenté, sans succès, de le faire adhérer
  • 2026 : Owona affirme aujourd’hui que Kamto était militant du RDPC

« Entre 2013 et 2026, les archives n’ont pas changé. Ce sont vos déclarations qui ont changé », écrit l’ancien vice-président de la sous-commission de l’investissement du RDPC, depuis Yaoundé.

Un débat politique que les faits rattrapent

Cette mise au point intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes autour de la figure de Maurice Kamto, leader du MRC et principal opposant déclaré au régime en place. Les tentatives de réécriture de son parcours — le présenter comme un ancien militant du RDPC — visent clairement à fragiliser sa crédibilité d’opposant indépendant.

Mais la démarche du Dr Happy Nicolas illustre une réalité : les archives résistent. Et lorsqu’elles proviennent d’un journal de référence internationale comme Jeune Afrique, elles sont difficilement contestables. Utiliser les propres mots d’un ministre pour le contredire, c’est une forme de réfutation particulièrement efficace.

Cette affaire relance le débat sur la qualité du discours politique au Cameroun. Les Camerounais, estime le Dr Happy Nicolas, méritent des échanges fondés sur des faits vérifiables. La réaction de Grégoire Owona, si elle vient, sera très attendue.

Crédito: Link de origem

Leave A Reply

Your email address will not be published.