groupes électrogènes pour ne plus manquer d’eau

La panne de la station de Yato a remis sur la table une évidence que beaucoup refusent d’admettre : tant que Camwater restera tributaire d’ENEO pour alimenter ses stations de pompage, les coupures d’eau seront inévitables. Une solution s’impose de plus en plus : que la société nationale de l’eau se dote de groupes électrogènes ou de centrales solaires de secours. Gouverner, c’est prévoir.

Le problème est structurel, la solution aussi

Depuis des années, le même scénario se répète. ENEO déleste. Les stations de pompage s’arrêtent. Douala manque d’eau. Les populations souffrent. Et les responsables de Camwater, les bras croisés, expliquent qu’ils ne peuvent rien faire sans courant.

Ce n’est pas une fatalité. C’est un choix de gestion.

D’autres structures vitales — hôpitaux, data centers, industries — n’attendent pas qu’ENEO soit au rendez-vous. Elles investissent dans des alternatives énergétiques autonomes : groupes électrogènes à haute capacité, systèmes solaires photovoltaïques couplés à des batteries de stockage. Le coût est réel, mais le prix de l’inaction l’est davantage.

La station de Japoma, comme celle de Yato, alimente des centaines de milliers de foyers à Douala. Une interruption de quelques jours, c’est une crise sanitaire en puissance. Dans les quartiers populaires comme New Bell, Ndogpassi ou Bépanda, les familles n’ont pas les moyens d’acheter de l’eau en bidon pendant une semaine.

Prévoir, c’est investir avant la crise

Le directeur général Blaise Moussa a montré sa capacité à innover. Son partenariat avec le groupe chinois CGCOC signé en septembre 2025 pour réhabiliter les réseaux dans 10 villes du pays en témoigne. Plus de 200 000 familles ont été connectées depuis son arrivée en 2022.

Il est maintenant temps d’aller plus loin. L’autonomie énergétique des stations stratégiques doit devenir une priorité budgétaire. Les centrales solaires de secours existent, sont accessibles et peuvent être opérationnelles en quelques mois. Plusieurs pays africains — Sénégal, Kenya, Rwanda — les ont déjà intégrées dans leurs infrastructures d’eau publique.

Camwater n’a pas à attendre qu’ENEO règle ses problèmes pour fonctionner. L’entreprise a une mission publique : fournir de l’eau. Elle doit se donner les moyens de l’accomplir, quelles que soient les défaillances du réseau électrique national.

Gouverner, c’est prévoir. Et prévoir, c’est investir dans la résilience avant que la panne ne revienne — parce qu’elle reviendra.

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