Enquête sur la coupure de courant devant Chantal Biya

Une réquisition officielle de la Gendarmerie Nationale a fuité sur les réseaux sociaux, déclenchant immédiatement un tollé. Le document, signé du Colonel Nguele Joseph Désiré, Commandant de la Légion de Gendarmerie du Centre, demande à l’Agence de Régulation de l’Électricité (ARSEL) de fournir un rapport détaillé sur les coupures de courant survenues au Palais des Congrès de Yaoundé et à l’hôtel Mont Fébé, les 27 février et 22 mars 2026. La raison ? Chantal Biya assistait ce soir-là au Ballon d’Or camerounais.

Ce que dit le document officiel

La réquisition, datée du 13 avril 2026 et réceptionnée par l’ARSEL le 14 avril 2026, porte le numéro 0172/2-EM/LC/BLCGC. Elle a été initiée avec l’appui du Capitaine Apoh Willybrown Ndumbe, Chef du Bureau de Lutte Contre la Grande Criminalité.

L’ARSEL est sommée de produire « un rapport détaillé pouvant justifier l’interruption de l’électricité » lors de ces deux soirées, avec un délai de réponse de 72 heures. L’enquête préliminaire est ouverte au titre du Code de Procédure Pénale, articles 79, 82 et plusieurs autres dispositions légales.

En clair : la gendarmerie veut savoir si cette coupure était accidentelle ou délibérée.

La toile s’embrase : deux poids, deux mesures ?

Dès la publication du document, les réactions ont fusé. Le message dominant est celui d’une profonde indignation face à ce que beaucoup perçoivent comme un traitement à deux vitesses.

« Nous à Douala, on a fait 5 jours sans eau. Qui a ouvert l’enquête ? », écrit un internaute, résumant le sentiment de beaucoup.

D’autres pointent des situations autrement plus graves : enlèvements d’enfants dans le Nord du pays, violences sexuelles non élucidées, coupures d’eau et d’électricité répétées dans les quartiers populaires. Autant de cas qui n’ont jamais justifié l’ouverture d’une enquête préliminaire aussi rapide.

Un commentaire plus sarcastique a également circulé : « C’est la même personne qui a coupé la fibre optique pendant le discours du pape. »

Ce que cette affaire révèle dépasse largement une simple coupure de courant. Elle met en lumière une fracture profonde dans la perception de la justice et des priorités de l’État. Quand les institutions réagissent en 72 heures à un incident touchant une personnalité, et gardent le silence pendant des mois face aux souffrances ordinaires des citoyens, la confiance s’érode. La balle est désormais dans le camp de l’ARSEL — et dans celui des autorités.

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