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l’humiliation organisée par le régime Biya

Il fut pendant 17 ans le patron tout-puissant de la CRTV, homme de confiance du système, figure incontournable de l’audiovisuel camerounais. Pourtant, Gervais Mendo Ze a connu l’une des chutes les plus brutales de la République. Arrêté en pleine nuit, conduit à Kondengui, jugé, condamné, abandonné. Retour sur une humiliation d’État qui reste gravée dans les mémoires.

Une arrestation spectaculaire et nocturne

Tout commence dans l’enceinte du TCS à Yaoundé. Convoqué dès 10 heures du matin, le professeur Mendo Ze est longuement auditionné par des officiers de police judiciaire. Il est présenté au procureur général à 21h45, puis devant le juge d’instruction vers 22h30. À 23h15, tête de file d’un cortège de quatre co-accusés, il est conduit à la maison d’arrêt de Kondengui pour y passer sa première nuit.

Un homme qui apparaissait comme intouchable, protégé par sa proximité avec le président Paul Biya, se retrouve derrière les barreaux. Le choc est immense dans l’opinion.

Les charges sont lourdes : gestion opaque de la mise sur satellite de la CRTV, marchés de gré à gré douteux, mauvaise gestion des fonds de la redevance audiovisuelle. Reconnu coupable en février 2009, il est condamné à rembourser 2,616 milliards de FCFA au Trésor public, frappé d’une amende de 2 millions de FCFA et déchu de ses droits civiques pour cinq ans.

La chute d’un homme du système

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est le paradoxe. Mendo Ze n’a pas agi seul. Des ministres, des caciques du pouvoir étaient impliqués dans les mêmes opérations. Pourtant, c’est lui qui a tout pris.

Pour certains observateurs, il a servi de bouc émissaire à un régime cherchant à se refaire une image de rigueur. Sa longévité à la tête de la CRTV — sans conseil d’administration, sans DGA véritable — lui avait certes permis toutes les libertés. Mais elle avait aussi fait de lui une cible commode.

Sa décadence s’accélère à partir de janvier 2005, après sa chute. Jugé, condamné, marginalisé, puis emprisonné dans des conditions dégradantes. Il mourra en détention le 9 avril 2021, à 77 ans, sans évacuation sanitaire, sans que le Chef de l’État n’ait répondu aux appels lancés en sa faveur.

Le destin de Gervais Mendo Ze illustre une réalité camerounaise connue : le système élève ses hommes, puis les broie quand ils deviennent encombrants. Son histoire reste un avertissement pour tous ceux qui croient que la loyauté protège.

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