Sassou N’Guesso investi pour 5 ans de plus à 81 ans

Il est désormais officiellement lancé dans un nouveau mandat de cinq ans. Denis Sassou N’Guesso, 81 ans, a prêté serment jeudi à Kintélé, au nord de Brazzaville, devant un stade comble. Une cérémonie d’investiture qui confirme l’une des longévités politiques les plus spectaculaires — et les plus controversées — du continent africain.

94,8 % des voix et six adversaires fantômes

La réélection de Sassou N’Guesso en mars dernier n’a surpris personne. Les résultats officiels lui attribuent 94,8 % des suffrages, face à six candidats que la plupart des Congolais seraient incapables de nommer. Un score qui, comme à chaque scrutin, relance les questions sur la réalité compétitive des élections en République du Congo.

Dans son discours, le président a choisi les mots de la fidélité : il ne « trahirait pas le peuple qui s’est mobilisé pour l’honorer et réaffirmer son soutien ». Un engagement solennel, dans un pays où la parole présidentielle a rarement été contredite.

Sa longévité repose aussi sur un socle constitutionnel taillé sur mesure. En 2015, un référendum a supprimé les limites d’âge et de mandats présidentiels, ouvrant la voie à une présidence sans horizon fixé. Sassou N’Guesso cumule aujourd’hui plus de 42 ans à la tête du pays, avec deux périodes distinctes : de 1979 à 1992, puis de 1997 à aujourd’hui.

Un record à portée de main, une économie qui grince

La comparaison avec Paul Biya du Cameroun — au pouvoir depuis 43 ans — s’impose naturellement. Les deux hommes figurent parmi les dirigeants africains les plus anciens en fonction, aux côtés de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée équatoriale. La question posée dans les couloirs et sur les réseaux sociaux est directe : Sassou N’Guesso cherche-t-il à battre le record de Biya ?

Mais derrière les fastes de Kintélé, la réalité économique du Congo est préoccupante. Le pays, pourtant riche en pétrole, affiche un ratio dette/PIB élevé et un chômage des jeunes en hausse constante. Les ressources pétrolières profitent peu à une population majoritairement jeune, nombreuse et de plus en plus impatiente face à l’immobilisme.

Ce nouveau mandat sera donc scruté à l’aune de ces défis concrets. La longévité politique de Sassou N’Guesso est indéniable. Sa capacité à transformer l’économie congolaise et à répondre aux attentes d’une jeunesse qui ne l’a jamais connu autrement qu’au pouvoir — c’est là que l’histoire rendra son verdict.

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